Le domaine : 12 hectares transmis de père en fils
La famille B. cultive des oliviers dans la plaine de Sig depuis 1958. À l'époque, le grand-père récoltait des olives de table — la Sigoise, charnue et douce, se vendait bien sur les marchés locaux. L'huile était un sous-produit, presque un déchet.
Rachid a tout changé. Quand il a repris le domaine en 2011, il a décidé de faire de l'huile le produit principal. “J'avais lu des articles sur le NYIOOC. J'ai compris que notre huile pouvait être parmi les meilleures du monde, à condition de changer nos méthodes.”
La modernisation : un pressoir à froid en 2019
L'investissement a été lourd : 4,2 millions de dinars pour un pressoir à froid continu, capable de traiter 500 kg d'olives par heure à température contrôlée. La différence a été immédiate.
“Avant, notre huile était bonne. Après le pressoir à froid, elle était exceptionnelle. Les polyphénols sont préservés, les arômes sont intacts. C'est une autre huile.” En 2022, il envoie pour la première fois un échantillon au NYIOOC. Résultat : médaille argent.
Les défis : sécheresse, certification, export
La sécheresse
L'été 2022 a été brutal. Le débit de l'oued a baissé de 40 %. Rachid a perdu 30 % de sa production. "C'est le risque du métier. Mais paradoxalement, la sécheresse concentre les arômes. L'huile 2022 était la meilleure que j'aie jamais faite."
La certification
Obtenir la certification biologique et les documents d'export nécessaires a pris 18 mois. "La bureaucratie algérienne est un vrai obstacle. Mais une fois que c'est fait, c'est fait."
La vision export
"Mon objectif pour 2027 : être référencé dans une épicerie fine parisienne. Pas pour l'argent. Pour la reconnaissance. Pour que les Français sachent qu'il existe une huile algérienne qui n'a rien à envier à l'espagnole."
